Emile Heitor est depuis de nombreuses années un collaborateur du groupe Oceanet Technology.

Découvrez son métier au sein de NBS System, ses missions et son quotidien.

Pour commencer, quel est ton poste au sein de NBS System et en quoi consiste-il ?

En 11 ans, j’ai eu de nombreux rôles au sein de NBS System, mais depuis juin 2019, j’ai repris mes précédentes fonctions de Directeur Technique. Cela représente plusieurs tâches : le suivi de la production, la reprise des activités de R&D, les recrutements, l’avant-vente technique, le support des SDM sur des clients clés ou situations critiques. De plus, je me trouve à la croisée des chemins avec pour mission auto-proclamée d’assurer le liant technique entre tous les pôles. 

Quel est ton parcours ? Depuis combien de temps exerces-tu ce métier ?

J’ai écrit mon premier programme à 10 ans. Du BASIC sur une machine avec 8Ko de RAM (extensibles à 16 !). Après ça, tout s’enchaîne, le cycle infernal, Amstrad CPC6128, Atari 520ST (upgradé à 1M !), Amiga 1200 (mmmmm), 486 DX4 100… avec mon premier Linux. Slackware 2.1, kernel 1.1. Et Internet. En 1994, ce sont les BBS, les passerelles Fidonet, Usenet… Autant de technologies probablement inconnues des lecteurs les plus jeunes, mais qui représentent la naissance de l’Internet domestique que nous utilisons aujourd’hui, et qui me laissent des souvenirs aussi nostalgiques qu’indélébiles.

Par ailleurs, mon parcours scolaire n’a aucun intérêt technique, je n’ai pour ainsi dire rien appris de ce que je sais aujourd’hui sur les bancs de l’école postbac. J’étais en IUT à une époque où des professeurs visionnaires conspuaient Linux et l’OpenSource. En effet, ils voyaient l’avenir dans Windows NT 4. Ils disaient que je vivais dans un fantasme d’étudiant communiste et que je ne trouverai jamais de travail avec du « Logiciel Libre ». Que l’Internet était une mode qui allait disparaître. Je me suis fait renvoyer pour avoir clamé le contraire. J’ai ensuite intégré un BTS en alternance qui m’a permis de m’insérer dans la vie professionnelle en 1997, chez un hébergeur et fournisseur d’accès à Internet qui n’existe plus aujourd’hui.

Qu’est-ce qu’une journée type pour toi ?

Je me lève vers 6h, parfois plus tôt, étant plus alerte et productif le matin. En premier lieu, je regarde l’actu IT et générale (surtout en ce moment). Twitter, Reddit, GCU (groupe de promotion du Logiciel Libre que j’ai fondé en 1997), NetBSD (système d’exploitation de type UNIX Libre auquel je participe) et quelques autres adresses régulières.

Café et compléments alimentaires pour l’énergie et la concentration.

Puis 30 minutes de sport, essentiellement de la musculation. Même 2 ans après, je n’éprouve aucun plaisir à « lever de la fonte », c’est principalement pour la santé et l’allure que je pratique assidûment.

Après la douche, c’est l’heure du backlog. MatterMost et mails. Cela afin de voir ce qui s’est passé pendant la nuit, et potentiellement, répondre à quelques mails que j’aurais oublié dans ma boite mail.

Vers 8h30, la journée de travail commence vraiment, et là, il n’y a pas de schéma. La journée est rythmée par mon agenda, avec lequel j’essaye de faire coïncider les demandes parallèles et imprévues.

Emile Heitor

Le luxe du télétravail, c’est de pouvoir se faire à manger soi-même également le midi. Ainsi, il n’y a pas d’aller-retour monotone au Class’Croute du coin pour mastiquer un jambon beurre fade sur un coin de table. Notamment, il s’agit de cuire ses plats avec des produits sélectionnés, cuisson d’une viande/poisson choisis la veille, accompagné d’un légume faible en hydrates de carbone (de sucre), régime cétogène oblige !

Le soir, rien n’est inscrit dans le marbre. C’est-à-dire que tout se fait en fonction des envies. Que ce soit une petite session de mix (j’étais DJ avant d’être adminsys), ou la destruction de quelques droïdes pendant une session de Vader Immortal sur Oculus Quest. Eventuellement, je regarde quelques vidéos Youtube ou plus rarement des séries

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce métier ?

Apprendre. Créer. Transmettre. Ensuite, aider les autres à apprendre, créer et transmettre.

En effet, j’aime la technologie pour ce qu’elle est, pour son histoire, pour ses possibilités infinies, pour le génie commun déployé par la communauté du Logiciel Libre. Cet univers est le mien depuis 25 ans. J’y ai grandi, eu des joies et des peines, mais j’éprouve toujours autant de plaisir à mettre les mains sur un clavier.

Avec quels autres services es-tu en relation ? Quelle est ta part d’initiative et d’autonomie dans ton métier ?

Je pense sincèrement être en relation avec tous les services du groupe.

Techniciens, commerciaux, avant-ventes, Marketing, RH, direction, achats, IT interne, je me mêle de tout ! Pour ce qui est de l’initiative et de l’autonomie, j’ai celles que je me donne la possibilité d’avoir. Car pour moi, on est uniquement prisonnier des parois qu’on s’impose.

Quel est le profil attendu pour exercer ton métier ?

Attention, « unpopular opinions incoming » : je suis convaincu qu’un directeur technique doit en premier lieu être un technicien. Un vrai. Pour de nombreuses raisons. La première c’est pour ne pas se « faire avoir ». Ensuite, parce qu’il aura une vision, une cible et donc un chemin à proposer à ses équipes. Car il est plongé dans l’évolution technologique et parce qu’il aime ça ! En effet il connaît, ou tout du moins présume de la direction à prendre. Un directeur technique doit tenir la barre, faire des choix dirigés par la stratégie, le marché, la technologie mais également les envies et les demandes de ses équipes. Il s’agit ici d’un subtil dosage.

En fin de compte, la véritable fierté d’un DT est son équipe. Les voir évoluer, progresser, apprendre et échanger. Rien ne me met plus en joie que de voir un ancien junior expliquer une technologie à un nouveau. L’évolution est la clé. Et cela rejoint le point précédent, un directeur technique doit avoir un plan.

Equipe

Qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre NBS System ?

D’abord, retour en 2009 : depuis 1997 j’ai participé au MCO (maintient en conditions opérationnelles) et au design de plusieurs infrastructures. Que ce soit des petites, des moyennes ou même de grosses entreprises. Cependant, jamais je n’avais monté une plateforme « from scratch », juste comme je pensais qu’il fallait le faire. De plus, je commençais à m’ennuyer dans une société de plateformes VoIP (où je bossais avec Stéphane Bulot, le directeur de la production chez Oceanet Technology). Alors comme celle-ci allait plutôt mal et proposait des ruptures conventionnelles, je me suis mis à la recherche de la « boite idéale ». En l’occurrence, une société qui serait en train de monter une infrastructure de 0 et qui aurait pour cela besoin d’un architecte / responsable d’exploitation pour mener à bien cette opération.

À cette époque, NBS System découvrait les joies de l’hébergement. Rien n’était automatisé ni formalisé, et leur réseau (3 chassis M1000e) avait de nombreux point of failures. Or à la technique, nous étions 3 pour tout faire. Infra, R&D, tickets, IT interne… Donc au début, j’avoue avoir un peu paniqué. La boîte dont j’arrivais était une société internationale bien établie de milliers d’employés. Ainsi, ce fût un changement de décors : des somptueux bureaux dans le 10ème arrondissement de Paris, je me retrouvais dans une sorte de cave avec un toit en verre duquel le froid s’écoulait en hiver.

Portrait chinois d’Emile Heitor : 

Un enjeu métier ? Une donnée sensible ? Un risque informatique ? 

  • Si tu étais un cloud ? Sans surprise AWS 😉
  • Une mesure de sécurité ? Je serais la 2FA.
  • Un enjeu métier ? La passion !
  • Une donnée sensible ? Une clé GPG.
  • Un risque informatique ? Une panne de courant.

Plus personnellement, qu’aimes-tu ?

Comme je le disais plus haut, l’informatique est une passion. Effectivement, je ne pourrais pas exercer une profession qui ne me passionne pas. De façon générale, je suis très réticent à m’investir dans un sujet sans me passionner pour celui-ci.

À ce jour, je participe hors travail à plusieurs projets OpenSource, en particulier ceux que je citais précédemment. Mon activité communautaire est relayée sur mon site (https://imil.net) ainsi que mon gitlab (https://gitlab.com/iMil) et mon compte Twitter @iMilnb (le « nb » est le diminutif de NetBSD).

Également, mon autre passion historique est la musique électronique et le Djing, que je pratique en amateur depuis l’âge de 15 ans. J’aime les beach clubs et les night clubs, cela me met en transe. Je vais tous les étés à Ibiza depuis 2005.

Léa Ménage
Léa Ménage