Une interview de Chloé Desoutter – 

Il n’est pas toujours évident de comprendre le fonctionnement d’une entreprise, et encore moins de s’y retrouver dans le panel des métiers de l’informatique. Pour vous y aider, NBS System vous ouvre ses portes, et se lance dans une série d’articles dans lesquels des employés de NBS System vous expliquent leur métier.

Chargée de recherche et développement

Nous interrogeons aujourd’hui Chloé Desoutter, Chargée de Recherche et Développement chez NBS System.

  • Bonjour Chloé ! Pour commencer cette interview, peux-tu nous expliquer quel est ton métier en en quoi il consiste ?

Je suis Chargée de Recherche et Développement, actuellement au sein du pôle R&D de NBS System, un pôle d’expertise technique et d’innovation. Je suis majoritairement en charge des développements internes de la société. Le but de mon métier est que les personnes du Customer Service (service client) puissent se concentrer sur des tâches intéressantes, plutôt que rébarbatives. J’ai déjà travaillé en tant qu’administrateur système, et la plupart du temps de répondais à des problématiques qui ne devraient pas exister : ce sont ces problématiques que je dois supprimer. Pour cela, il faut automatiser les procédures autant que possible, tout en gardant assez de souplesse pour pouvoir répondre aux enjeux, complexes et variés, des clients finaux.

En substance, il s’agit de concevoir, architecturer et mettre en œuvre les solutions pour répondre aux besoins des clients et aux problématiques internes concernant les déploiements de plate-formes et l’industrialisation. L’industrialisation, c’est intégrer des solutions et intégrer des produits d’automatisation dans notre système d’information, comme Salt par exemple. Nous devons faire converger l’utilisation de ces outils avec nos pratiques métiers, pour assurer une continuité. En effet, on ne peut pas tout changer tous les 6 mois, car les clients ont besoin de cette continuité.

  • Qui sont tes clients ?

Mes clients directs, ce sont les employés de NBS System : en premier lieu le Customer Service, puis les autres services internes de l’entreprise. Je suis particulièrement en relation avec le Customer Service, donc, mais également avec le service Infrastructure. Ils nous font part de ce que vont être les besoins à l’avenir, et nous leur proposons des solutions et participons à leur mise en œuvre, le tout pour leur faire gagner du temps. On leur facilite la vie, et ils nous donnent des sujets intéressants sur lesquels travailler.

J’ai également une mission secondaire de DBA (Data Base Administrator, administrateur de base de données), où je fais du conseil en optimisation quand il y a un besoin. Dans ces cas-là, il m’arrive d’être en frontal avec des clients, surtout pendant des comités de pilotage, mais c’est assez rare.

  • Sur quels types de projets travailles-tu ?

BuildJe travaille sur des projets ambitieux, mobilisant beaucoup d’énergie, mais très intéressants. Il y a « trois temps » dans mon travail. Le premier est le temps immédiat, où les projets s’étendent de quelques heures (comme les incidents) à quelques semaines. Le deuxième est le temps moyen, à échéance de quelques mois : ces projets sont les plus fréquents. Ils accompagnent les évolutions de notre système d’information, et améliorent son efficacité. Enfin, le troisième est le temps stratégique, avec des projets s’étendant sur 6 mois à 1 an. Ils sont de grande envergure : ce sont ces types de projets qui ont abouti à CerberHost par exemple.

Tous ces projets ont leur importance, et aucun ne doit être oublié. Le risque est de retarder les projets stratégiques à force de répondre aux enjeux immédiats. Mais dans R&D, s’il y a développement, il y a aussi recherche. La recherche, c’est l’innovation, l’étude de nouvelles technologies, l’intégration d’outils externes ou sur mesure… Ce sont les projets à long terme, sans retour immédiat, mais il ne faut pas pour autant les oublier, car ce sont eux qui vont vraiment faire avancer les choses. Ils sont notamment garants de l’image innovante d’une entreprise : avoir du retard sur ces projets, c’est donner une image d’immobilisme.

Il est important de pouvoir prévoir quand un projet va se finir, puisque cela influe sur ce que l’on peut vendre ou non. Il faut faire des tests, apprendre de ses travaux, de ses erreurs, de ses recherches. Puis, une fois que c’est prêt, on industrialise !

  • Travailles-tu seule ?

Souvent, oui. D’autres personnes font des reviews sur les projets que je traite, mais n’y participent pas. Le problème c’est que je travaille soit sur des petits projets, trop petits pour être partagés, ou bien sur des gros projets. Il est souvent difficile de les cadrer, de savoir exactement où l’on va, et donc d’autant plus complexe de s’y mettre à deux.

Pour pouvoir travailler à plusieurs, il faut un projet conséquent divisé en petits projets, afin de pouvoir répartir les tâches et additionner les compétences. J’aimerais bien un jour avoir un padawan pour m’accompagner dans un projet de ce type !

  • Qu’est-ce qu’une journée type pour toi au boulot ?

AbhackenJe commence ma journée en lisant mes mails, en vérifiant notamment s’il y a eu, en mon absence, des incidents qui pourraient perturber mon planning de travail. Selon ces mails, je sais si ma journée va être calme ou pas. Je regarde ensuite notre board d’organisation, récapitulant les tâches en cours pour l’ensemble du pôle R&D, et par personne.

A chaque début de semaine, je fixe mes priorités. Il est important de prévoir du temps libre, pour traiter d’éventuels sujets urgents, mais aussi pour pouvoir avancer sur les sujets stratégiques à plus long terme.

En général, dans la matinée, je fais surtout du développement. Le midi, je prends ma pause déjeuner avec une personne du Customer Service. Ce cadre informel de discussion est, pour moi, le meilleur moyen pour repérer où sont les problèmes et voir comment améliorer les outils. En début d’après-midi, je prends souvent un temps de réflexion pour pouvoir prendre du recul et mettre en perspective les projets sur lesquels je travaille. C’est pour cela que j’ai toujours du papier, un crayon et des tableaux blancs sur mon bureau (très bordélique…) : ils me permettent de modéliser mes réflexions, et sont à portée de main.

Au cours de la journée, je me lève souvent de mon bureau : ces temps de pause sont nécessaires pour pouvoir m’oxygéner, réfléchir et prendre du recul.

  • Quelle est ta part d’initiative dans le métier de Chargée de Recherche et Développement ?

Je dirais que 70% de mon métier est composé d’initiatives et d’autonomie. Les 30% restants sont régis par la stratégie globale de l’entreprise, les incidents, et les évolutions des technologies.

C’est comme en philosophie : on me donne un sujet, et je décide comment le traiter. Je suis l’exécutante de tâches dont je définis moi-même les détails.

  • Comment en es-tu arrivée là ? Depuis combien de temps exerces-tu ce métier ?

J’ai commencé en tant que chef de projet web, mais même pendant cette période j’ai surtout fait du développement et de l’architecture. Ensuite j’ai alterné entre administrateur système en freelance et dans des entreprises, jusqu’à commencer à toucher au poste de DBA (Data Base Administrator) J’ai continué avec un poste où j’ai fait de la R&D, du développement web et de l’administration système, avant d’arriver chez NBS System.

J’ai commencé à travailler il y a 10 ans, et cela fait donc 6 ans que je me suis spécialisée dans la R&D.

  • Ressens-tu des différences entre ton début de carrière et maintenant ?

Depuis que j’ai commencé ce métier, il y a eu deux grosses évolutions qui m’ont marquée. La première, c’est l’apparition du mouvement DevOps. On a commencé à demander aux développeurs d’être également des administrateurs système. Cela a de très bons côtés, comme faire venir certains outils de développement dans le scope des adminsys (comme Git par exemple). Mais si un bon développeur peut être un bon adminsys, tous les adminsys ne peuvent être développeurs. Selon moi, il ne faut pas imposer le DevOps à tous.

La deuxième évolution vient de certains acteurs de l’industrie comme AWS ou Google. Ils forcent les gens à adopter une pensée moderne et à quitter le monolithique. Aujourd’hui, les modèles économiques et techniques proposés nous obligent à architecturer nos applications en petits composants qui interagissent, plutôt que de faire des machines toujours plus grosses. La révolution du Cloud et celle des Webservices, c’est la même pour moi : ce sont des fichiers qui s’échangent sur Internet !

Quand j’ai commencé, c’était le futur, maintenant c’est le présent, et c’est un présent qui est bien parti pour rester. On se dirige vers des services de plus en plus petits.

  • Chargé de recherche et développementQu’est ce qui te plaît dans ce métier ?

Ce qui m’attire dans ce métier, c’est le côté stratégique, l’apprentissage, et le fait de toucher à de nouvelles technologies. Je suis aussi motivée par l’objectif de toucher à l’excellence.

Mais surtout, j’apprécie le fait de ne pas faire de production : cela me permet d’avoir du temps, et de pouvoir exercer mon métier sereinement. C’est le gros avantage de la R&D pour moi : on a le temps de la réflexion et de la sérénité.

  • Quelles sont pour toi les qualités essentielles pour exercer ton métier ?

Pour pouvoir travailler dans la R&D, il faut selon moi de la patience et de la curiosité. Il faut également être réfléchi. Mais surtout, il faut avoir de l’audace, ne pas être conventionnel : en effet, il faut être capable de proposer de nouvelles solutions, de casser la tradition pour faire évoluer son entreprise.

  • Est-il facile de trouver un emploi en tant que Chargée de Recherche et Développement ?

Dans mon métier, on est des stars ! Il est relativement difficile de trouver des profils qualifiés. Quand je dis qualifié, ce n’est pas une question d’expérience : il faut être capable d’encaisser le stress de l’autonomie, être capable d’apprendre et de se remettre en question.

  • Un dernier mot ?

Il est important de consacrer du temps pour des projets personnels (comme c’est le cas chez Google), ou bien pour de l’apprentissage (lecture de livres, d’articles…). Cela permet de garder une certaine fraîcheur, et de sortir de sa zone de confort pour ne pas rouiller. Rouiller, c’est la fin de la R&D.

  • Merci !
Lucie Saunois
Lucie Saunois
Passionnée d'informatique, en particulier de sécurité, depuis qu'elle a rejoint l'OT Group en 2015, Lucie se spécialise dans la vulgarisation technique pour permettre à tous d'appréhender ces sujets parfois complexes.