Comment Powerpoint a transformé la virtualisation en Cloud

Bon, au risque de ne pas respecter un certain nombres de traditions visant à laisser le bulletpoint faire la Loi, je voudrais démystifier un peu.

Le Cloud, c’est de la virtualisation, la virtualisation, ça n’a rien de (si) nouveau. En effet, VmWare, Xen et leurs copains existent depuis beaucoup plus longtemps que les articles du Gartner en parlant. Mais quand ça ne s’est plus appelé virtualisation mais Cloud, c’est devenu tendance.

Anyway, on a plus le choix, « l’éducation » est faite, il faut maintenant faire du Cloud, au risque de passer pour un incapable si l’on ne fait « que » de la virtualisation.

On a même eu un DSI à NBS System qui nous a demandé une offre en Cloud mais surtout pas de virtualisation… Dans ces moments, je me dis que dans 87 ans, c’est la retraite, et que ce sera bien mérité.

Les performances de la virtualisation

Au besoin, on trouve beaucoup de littérature sur la virtualisation, dont très peu de choses intéressantes ou exactes du reste.

Qu’a cela ne tiennent, mon propos n’est pas de me battre sur le fait que la virtualisation prend 1, 3 ou 8% des performances du hardware, ni de remettre en cause le bien-fondé de l’intérêt de la chose. L’idée ici est de mettre en perspective les goulots d’étranglement spécifiques liés aux disques.

Pourquoi les disques ?

En fait, quand on est sur un serveur « classique », le contrôleur de disque écrit essentiellement les informations qui sont spécifiquement liées à l’activité de la machine. Par exemple base de données ou serveur web, ces machines ont des rôles différents et donc des cycles d’écritures différents.

Le soucis, c’est que certains gougnafiers font de la virtualisation de hardware assez véloces, par exemple 24 cores, 48 Go de RAM, sur un même contrôleur disque, qui pilote des disques SATA. Nous venons de finir un travail collaboratif avec un client pour auditer ses soucis et l’un des problèmes clef (remonté par l’équipe de Magento en l’occurrence), est que la Database était virtualisée sur un serveur avec 3 autres machines.

Il y a ici plusieurs erreurs.

La première, le disque SATA, qui n’est pas du tout ce qui se fait de mieux en terme de débit et surtout qui impose un travail au noyau (qu’il soit Linux ou Windows) pour effectuer son travail, beaucoup plus en tout cas qu’un disque SAS.

Ensuite, ce disque est donc mis à contribution par 4 machines différentes. L’une est une base de données, deux sont des frontaux Web et une dernière était liée à un ERP/CRM. Trois de ces quatre serveurs n’ont absolument pas les mêmes rôles et pas les mêmes cycles d’écriture. En l’occurrence, la base de données, quand elle doit écrire, c’est un besoin urgent, pas un folie passagère, dans le transactionnel, on ne blague pas avec ces choses là.

Enfin, SAS ou SATA, on ne met plus les disques dans les machines en virtualisation, pour une raison simple, ces accès son bloquant et le contenu ne peut être partagé qu’à travers des protocoles lents ou non résilient aux pannes.

La solution aux lenteurs disques

En fait elle tiens en un mot : NAS. (ou éventuellement SAN)

Les écritures disques sont envoyées par réseau (en général en iSCSI) à une baie de disques dédiée, optimisée et surtout, non bloquante.

En effet, les écritures (et les lectures mais c’est moins grave) sont envoyées par réseau à la baie, à 1 Gb/s (ou à 10 Gb/s selon le backbone) et permettent de ne pas bloquer la machine en attente d’un résultat. De même, plusieurs machines peuvent envoyer leur paquets/requêtes, c’est au contrôleur de la baie (très vitaminé et bourré de cache) de gérer le problème. L’écriture, même concourante, devient non bloquante, les systèmes respirent, le goulot d’étranglement disparait.

Pour être même plus précis, et sans faire de pub éhonté car ils ont des tarifs touchant au grand banditisme, la solution s’appelle NetAPP. On a cherché. Beaucoup. On a même voulu le faire par nous même. Rien n’y fait, ce matériel est très technique à implémenter et nécessite un firmware optimal pour soutenir les besoins soutenu de l’informatique moderne. Et dans le domaine, c’est NetAPP qui domine, de loin et haut la main.

Nous avions tenté l’aventure LeftHand avec HP, mais cela s’est avéré un désastre. Le matériel est lent, inadapté au besoin d’un hébergeur, rebootait tous les 208 jours sans explications et nécessitait des gestions de patch toutes windowsiennes avec des reboot après chaque mise à jour… Pas fait pour un hébergeur du tout, contrairement à ce que pouvait nous dire HP.

Bref, si votre hébergeur vous propose de la virtualisation ou du Cloud, vérifiez qu’il n’a pas l’intention de vous mettre vos machines sur un contrôleur physique SATA mais bien sur une baie en NAS ou en SAN, qui ne ralentira pas l’ensemble.

Philippe Humeau
Philippe Humeau
Philippe a co-fondé NBS System en 1999. Après s’être concentré sur la sécurité, qu’il n’a jamais abandonnée, il se découvre une passion pour le ecommerce à partir de 2008. Tour à tour pentester, CTO, CCO puis CEO, son profil touche-à-tout l’a conduit à devenir directeur marketing et stratégie d’OT Group après notre intégration dans celui-ci.